#76 – Pourquoi je ne fais pas faire de « sèche » à mes clients

Un jour, l’une de mes clientes, que je suis depuis plus d’un an, m’a demandé de lui faire faire un sèche…vous auriez dû voir ma tête ^^

Même si dans ma tête c’était clair que je ne lui ferais pas faire de sèche, j’ai creusé pour essayer de comprendre sa démarche.
La raison ? Elle voulait maigrir plus vite, « sècher quoi » pour reprendre ses termes. Mais sècher quoi ?  « Bah le gras »…

M’est venue alors cette question : « Mais tu sais ce que c’est une sèche ? »
Réponse « Bah un truc pour perdre du poids »

Alors, alors.
Plusieurs choses ici. 

« Sèche » pour ne pas dire « régime »

En réalité, ma cliente voulait simplement faire un régime. Elle ne savait absolument pas en quoi consistait concrètement une sèche si ce n’est que cela fait perdre du poids de manière assez spectaculaire. Et elle sait que je suis contre toute forme de régime hors équilibre alimentaire, alors elle a tenté avec la tendance « sèche ».

Je n’ai d’ailleurs eu qu’à lui expliquer en quoi consistait réellement une sèche pour me confirmer qu’elle ne se rendait pas compte de ce que cela représentait, on a atteint le paroxysme au moment de cette question « Ah mais l’alcool aussi ? »… « oui, l’alcool aussi, proscrite à 100% dans le cadre d’une sèche », puis elle conclut par « Ah mais moi je veux juste perdre du gras hein, pas me priver… ». Je lui ai donc conseillé déjà d’adopter un véritable équilibre alimentaire avant de vouloir entrer dans ce genre de dérives…qui de toute façon pour moi est à proscrire. 

Dérives de pratique des sèches

A l’origine, les sèches sont la dernière phase de préparation à la compétition de bodybuilding. Après une phase de prise de masse, le but est de sécher le muscle, en réduisant ses apports caloriques, en faisant attention de conserver la masse musculaire et en perdant toute la masse grasse accumulée pendant la prise de masse. Le but est d’obtenir une silhouette dessinée, écorchée pour se présenter sur scène et montrer en détail les faisceaux des muscles travaillés pendant plusieurs mois.

Les fins de sèches sont particulièrement rudes et éprouvantes, puisque les entrainements se font en dépits de la faible présence de glucides dans l’alimentation. En fin de sèche, les glucides, soit votre source d’énergie principale, sont quasi inexistants. Vous imaginez donc bien, qu’une fois la compétition terminée, ils sont réintégrés pour retrouver un état de forme et de santé convenable. Là encore, on parle peu de l’après compét, mais ces variations alimentaires, même dans le cadre d’une compétition, peuvent avoir un impact à long terme sur les pratiquants, hyperphagie par exemple.

Banalisation des sèches

L’usage des sèches hors compétitions s’est banalisé comme un régime classique à part entière. Le régime Dukan (hyperprotéiné) peut être assimilé à une sèche puisqu’il se compose quasi exclusivement de protéines et de légumes. C’est d’ailleurs ce type de régime qui a diabolisé les féculents et qui peuvent conduire à des troubles alimentaires. 

 

Il y a donc un tas d’ajustements possibles avant d’arriver à des pratiques aussi drastiques. A mon sens, une sèche ne doit être utilisée que par des amateurs ou professionnels du bodybuiling, encadrée par des professionnels, et uniquement dans ce contexte. 

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Un Commentaire sur “#76 – Pourquoi je ne fais pas faire de « sèche » à mes clients”

  1. Merci pour ces informations. C’est vrai que les gens font des chose sans avoir consulté des professionnels. Juste car c’est à là mode.

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