#305 – Il y a un an, j’adoptais Okki…

Il n’était pas prévu que j’adopte un petit chat. Mes parents en adoptait un, et c’est en parcourant les photos que je suis tombée sur la photo de ce petit tigre. J’ai craqué instantanément. Mais je n’étais pas sûre de pouvoir m’en occuper, j’avais peur de ne pas avoir le temps de faire les choses bien. Sans me le dire, mes parents ont adopté celui qu’il avait choisi ET le petit tigré. Ma maman m’a dit « tu fais ce que tu veux, mais sache que tu peux le prendre si tu le souhaites ». Quelques jours plus tard, ma décision était prise, c’était MON petit chat et il s’appellerait Okki. 15 jours plus tard, je devais donc aller le chercher chez mes parents en Lorraine. J’étais impatiente de le découvrir. En attendant, je recevais des photos quotidiennes de ce petit être trop mignon et je préparais son arrivée dans mon appartement.
Le jour J est vite arrivé, le 1er novembre 2018. La première rencontre avec Okki était un peu frustrante, il ne me connaissait pas, il était d’un tempérament plutôt craintif, contrairement à son frère. Puis il s’est couché sur moi pour la première fois, un amour. Le contact s’est finalement vite installé entre nous. Deux jours plus tard seulement, il était temps de rentrer à Lyon tous les deux. Il a été si sage pendant les 4 heures de route. Nous sommes arrivés chez moi, il semblait perdu, forcément, un peu paniqué, il miaulait, parcourait l’appartement dans tous les sens. J’étais son seul repère. Il s’est alors réfugié auprès de moi et ne m’a plus lâché. Notre relation fusionnelle et exclusive a commencé comme ça.
Okki avait le comportement d’un chien. Il grattait la porte quand j’étais aux toilettes, me faisait la fête quand je rentrais du travail, se couchait auprès de moi chaque soir. Il comprenait quand je parlais, c’était fou. Un soir où j’étais triste, je sentais qu’il l’était aussi. Il est venu se blottir dans mon cou et lécher mes larmes. Il m’a redonné le sourire instantanément. Lorsque ma soeur m’a rejoint en coloc dans cet appartement, elle a constaté à quel point il était attaché à moi. Lorsque les voisins rentraient, il ne bougeait pas. Lorsque je montais les escaliers, il s’agitait immédiatement.
Okki est arrivé dans ma vie a un moment où j’en avais besoin. J’étais perdue et très triste. Je venais de vivre 18 mois très compliqués. Il m’a littéralement redonné le sourire. Chaque matin, je me disais combien j’avais de la chance de l’avoir à mes côtés. Chaque soir en me couchant, il s’installait à mes pieds, avant de venir s’installer plus tard dans la nuit, la tête sur mon oreiller, une patte sur moi. C’est comme s’il me protégeait. Il m’apportait énormément d’attention, d’affection et d’amour. J’ai découvert avec lui la pureté de ce qu’un animal est capable d’apporter à un être humain. Sans calcul, sans stratégie, un amour authentique et profondément vrai. Je voyais dans ses petits yeux que c’était partagé. Je m’appliquais à lui rendre ce qu’il me donnait, il le méritait tellement. Mon instinct maternel, ou du moins mon envie d’être maman un jour, s’est exprimé avec Okki. Je le dorlotais et veillais sur lui comme « une mère veille sur son enfant » selon les dires de ma propre maman. C’est vrai. Il avait toute mon attention. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été aussi enjouée et heureuse de rentrer après le travail. Rien que l’idée de le retrouver me faisait accélérer le pas. J’allais même jusqu’à rentrer entre mes coachings du matin et ceux du soir, pour passer du temps avec lui. Il m’apaisait et contribuait à mon équilibre.
Toute ces phrases, ces souvenirs, sont malheureusement au passé puisque le 7 mai, le pire est arrivé. Okki a rejoint le paradis des chats. Le moment où je l’ai découvert sans vie chez moi reste un des moments les plus douloureux de ma vie. Je ne devais pas rentrer cet après-midi là, à croire que je devais personnellement le trouver. Celui qui m’avait redonné le sourire, le goût de vivre, m’avait quitté de la manière la plus brutale qui soit. Il n’avait que 8 mois, rien n’aurait pu laisser penser qu’il me quitterait si vite. Je n’étais pas prête à ça, j’étais sous le choc. J’avais déjà évoqué ce moment, dans 10-15ans, quand il me quitterait de vieillesse en me disant que ça serait un drame. Et j’étais là, à lui dire au revoir après seulement 6mois de pur bonheur ensemble.
On m’a laissé penser qu’il avait eu la meilleure vie à mes côtés, je l’espère.
Qu’il avait accomplie sa mission auprès de moi, me redonner le sourire.
Qu’il s’en est allé pour m’éloigner d’une personne qui me voulait du mal, ce qui sera vrai seulement quelques jours plus tard.
Cela fait 6 mois qu’il est parti. Je suis toujours aussi triste. J’en parle peu. Cet article est une vraie torture à écrire, je m’y suis reprise à plusieurs fois tant c’est difficile émotionnellement. Ma gorge se noue à chaque phrase, chaque mot qui le concerne tant il me manque. Je ne pensais pas qu’il puisse occuper une aussi grande place dans mon coeur, dans ma vie, et pourtant. A l’approche de cet anniversaire, j’ai beaucoup rêvé de lui, parfois cauchemardé aussi. Le mouvement où je l’ai trouvé sans vie reste un flash traumatisant et angoissant qui surgit parfois sans raison. J’essaye davantage de me plonger dans des souvenirs positifs, des vidéos et photos de lui, même si c’est encore difficile de me dire qu’il ne me reste « que ça ». J’ai emménagé dans un nouvel appart, sans lui, laissant derrière moi tous nos souvenirs dans l’autre appartement, et heureusement d’un autre côté, puisque je ne supportais plus de voir son fantôme partout dès que je rentrais chez moi.
La question se pose régulièrement, « pourquoi pas une nouvelle adoption ? » Il y a encore quelques semaines, je ne l’envisageais pas du tout. Je n’étais pas prête. Okki est irremplaçable, il restera l’Unique. Aujourd’hui, je sens que je pourrais à nouveau adopter un petit chaton et lui donner autant d’amour et d’attention, ce qui n’aurait pas été possible avec la peine que je portais pour Okki ces derniers mois. J’attends donc cette nouvelle rencontre, je me laisse le temps.
Le passage éphémère d’Okki dans ma vie aura eu un impact énorme. Je suis reconnaissante d’avoir connu un petit être aussi mignon et aimant, même si j’aurais préféré qu’il ne s’agit pas d’un passage mais d’une éternité à mes côtés…
(Cet article avait était planifié dès le début de l’aventure 365jourspoursaimer, je me languissais de dédier cet article à Okki, pour le remercier de faire parti de ma vie, pour exprimer ma gratitude quant à notre relation humain/animal. Il prend forcément une toute autre dimension au vue de la disparition soudaine d’Okki, mais cela me tenait à coeur de lui rendre hommage quelque soit le contexte maintenant qu’il n’est plus à mes côtés.)

 

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